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8 jui. 2015

NLA 128 - La charte de la conservation en bibliothèque


par Gérard Cohen


En 2011, le ministère de la culture et de la communication et le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ont pris l’initiative d’élaborer, au sein d’un groupe de travail de dix conservateurs et conservateurs généraux de bibliothèque, une charte de la conservation en bibliothèque.

 
L’objectif était triple : énoncer les grands principes de la conservation dans les bibliothèques ; présenter des orientations d’avenir dans quelques secteurs en cours d’évolution tels que la conservation-restauration des documents patrimoniaux ou la conservation à long terme des objets numériques ; réguler les pratiques professionnelles dans un contexte général d’autonomie croissante des établissements, de diversification des métiers et de perte des compétences traditionnelles. Le document s’adresse aux bibliothécaires responsables de collections de conservation, même s’il intéresse aussi d’autres métiers, notamment les conservateurs-restaurateurs.
 
L’enjeu de la charte n’était pas de redoubler le dispositif législatif, réglementaire et normatif existant mais de récapituler la doctrine professionnelle, de dégager les bonnes pratiques dans les situations préparatoires, incertaines ou de conflit et de poser les jalons d’une déontologie des professions de la conservation. Il était aussi de définir les buts vers lesquels chacun des acteurs de la conservation doit tendre, même si, pour des raisons pratiques, il s’agit souvent moins de les atteindre que de prendre le bon cap.
 
Un travail de préparation bibliographique et théorique approfondi a précédé l’élaboration du texte. Les options retenues se sont dégagées à l’issue de débats dont l’ambition n’était pas de faire œuvre originale mais de s’appuyer sur les consensus de la communauté scientifique et professionnelle lorsqu’ils existaient et, dans les autres cas, de tenir une position équilibrée et cohérente par rapport aux réalités rencontrées.
 
Le choix formel d’une charte impliquait un certain nombre de contraintes. En dehors d’un préambule exposant les motifs du document, 16 définitions de nature descriptive en fixent les notions constitutives. 134 articles de nature normative divisés en 12 chapitres exposent les recommandations :
 
Les quatre premiers chapitres sont méthodologiques. Les suivants sont pratiques et opérationnels (« Constitution et enrichissement des collections », « Conservation préventive », « Conservation-restauration », « Reproduction et numérisation », « Communication, exposition, prêt, valorisation des fonds patrimoniaux », « Évaluation de la politique de conservation », « Information, formation, coopération »). Le dernier aborde brièvement la conservation du point de vue des devoirs tant des établissements et de leurs usagers et partenaires que des professionnels de la conservation à l’égard des documents et des objets dont ils ont la responsabilité.
 
Un certain nombre de choix fondamentaux ont été effectués. Conservation courante et conservation patrimoniale n’ont pas été dissociées, malgré des modalités d’application adaptées à leurs statuts respectifs. Il a été privilégié la conception d’une patrimonialité décidée plutôt que d’une patrimonialité subie à partir de critères, notamment chronologiques, discutables. La conservation pérenne ou à long terme des documents nativement numériques et numérisés a été soumise aux principes généraux de la conservation. La doctrine de la restauration visant à réduire les interventions sur le document ou l’objet au mieux du moins, dans les limites fixées par la préservation de sa fonctionnalité et le ralentissement de sa détérioration, a été mise en avant. L’accent a été porté sur la documentation et l’évaluation à tous les stades du processus de conservation. D’autres orientations structurantes ont été adoptées sur la planification des actions, la formation différenciée des acteurs de la conservation, la collégialité mais aussi la responsabilité des décisions, l’utilisation des réseaux de coopération.
 
Dans une phase de validation professionnelle en 2012, le document achevé été soumis à la direction générale des patrimoines, en particulier au service interministériel des Archives de France, à la Bibliothèque nationale de France, aux directions régionales des affaires culturelles, à l’inspection générale des bibliothèques ainsi qu’à différents partenaires professionnels, individuels ou associatifs. Il sera officiellement présenté lors des Journées du patrimoine écrit, au Havre, les 13 et 14 juin 2013. À partir de cette date, la charte sera proposée à l’adhésion des institutions qui se reconnaissent dans ses principes et ses recommandations et pourra accompagner certains des contrats et conventions que l’État est amené à passer en matière de conservation, pour les bibliothèques qui relèvent de son domaine d’intervention.
 
 
 
 
 

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