1er avr. 1975

NLA 3 - Editorial

par Guy Parguez
Après tant de bombardements, d’inondations, de fabrications de boites à cigarettes ou caves â liqueurs, de ripailles, de rats et de champignons, c’est merveille qu’il en reste des livres anciens, mais en quel état ! et combien précaire ! Un grand quotidien du matin (en est-il de petits ?) alertait récemment l’opinion sur ce drame, en donnant pour exemple tel manuscrit inca ou maya inconsultable car devenu illisible. L’air du temps est celui de la pollution, et la pollution tue. "Etiam perierunt ruinae".
Et s’il en reste de ces livres anciens, ils sont en"ancien français" ou même en latin. Et personne n’apprend plus le latin (et si mal le français disent les mauvaises langues). Et même si l’on sait le français et le latin, â quoi bon ? Il n’y a pas de place à la Bibliothèque Nationale et il n’est bon lecteur que de la Nationale. Et même si l’on réussit à s’y faire admettre, on s’empresse de manifester son mécontentement. Il y a quelque chose de pourri au royaume des livres anciens.
Certes, certes, mais il y a les Nouvelles du livre ancien. Quelles Nouvelles  ?, on n’en a pas parlé à la télévision. Pas encore, mais le numéro 2 était déjà envoyé à 1400 adresses, ce qui à dix lecteurs par exemplaire représente tout de même 14 000 personnes touchées. Touchées ? Mais oui, puisqu’elles réagissent. Déjà des centaines de lettres sont parvenues à l’équipe de rédaction. Après tout, c’est normal, "ils" publient les lettres ou les informations données par des lecteurs intéressés.
Il faut pourtant avouer qu’on attend toujours la première lettre d’injures, qui prouvera enfin que les Nouvelles soulèvent les passions, mais patience !

 
 
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